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Entreprises et tertiaire

Décret tertiaire : obligations, échéances et solutions pour vos bâtiments

Bureaux, commerces, entrepôts : au-delà de 1 000 m², vos bâtiments doivent réduire leur consommation de 40 % d'ici 2030. Qui est concerné, comment déclarer sur OPERAT et quels travaux privilégier.

L'équipe Axia Énergie
Experts en rénovation énergétique
Bâtiment tertiaire équipé de panneaux solaires en toiture

Le décret tertiaire, officiellement « dispositif Éco Énergie Tertiaire », est issu de la loi ÉLAN de 2018. Il impose aux bâtiments tertiaires une baisse progressive et durable de leur consommation d'énergie. Pour une entreprise, c'est une obligation réglementaire, mais aussi une occasion de réduire durablement ses charges.

Qui est concerné ?

Le dispositif s'applique à tout bâtiment, partie de bâtiment ou ensemble de bâtiments sur un même site accueillant des activités tertiaires sur une surface cumulée d'au moins 1 000 m². Sont visés :

  • les bureaux, commerces, hôtels et restaurants ;
  • les entrepôts et bâtiments logistiques, les sites d'enseignement et de santé ;
  • les bâtiments tertiaires privés comme publics.

L'obligation pèse à la fois sur le propriétaire et sur l'occupant : chacun agit sur son périmètre (bâti et équipements pour l'un, usages pour l'autre).

Les objectifs à atteindre

Deux méthodes sont possibles, au choix du site :

  • En valeur relative : réduire la consommation d'énergie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050, par rapport à une année de référence choisie à partir de 2010.
  • En valeur absolue : atteindre un seuil de consommation (en kWh/m²/an) fixé par arrêté pour chaque catégorie d'activité.

Le choix de l'année de référence est stratégique : une année de forte consommation rend l'objectif plus accessible. Des modulations sont possibles en cas de contraintes techniques, architecturales ou de coûts manifestement disproportionnés, sur la base d'un dossier technique.

La déclaration annuelle sur OPERAT

Chaque année, les consommations de l'année précédente doivent être déclarées sur la plateforme OPERAT de l'ADEME, avant le 30 septembre. La plateforme calcule ensuite la trajectoire du site et délivre une attestation annuelle, qui doit être affichée dans le bâtiment.

Quelles sanctions ?

  • une mise en demeure en cas de défaut de déclaration ;
  • la publication du nom des contrevenants sur un site de l'État (« name and shame ») ;
  • une amende administrative pouvant aller jusqu'à 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale, par bâtiment, si les objectifs ne sont pas tenus et qu'aucun programme d'actions n'est présenté.

Au-delà du risque financier, un bâtiment énergivore perd de la valeur et devient plus difficile à louer ou à céder.

Les leviers pour réduire la consommation

1. Piloter et mesurer

Régulation du chauffage, programmation horaire, suivi des consommations : ces actions peu coûteuses apportent souvent les premiers gains. Les bâtiments équipés de grosses installations de chauffage ou de climatisation sont par ailleurs soumis au décret BACS, qui impose un système d'automatisation et de contrôle.

2. Remplacer les équipements énergivores

  • une pompe à chaleur à la place d'une chaudière fioul ou gaz : elle restitue 3 à 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité ;
  • un éclairage LED avec détection de présence ;
  • une production d'eau chaude performante (ballon thermodynamique) pour les hôtels, restaurants et sites sportifs.

3. Isoler l'enveloppe

Toiture, murs, plancher bas : l'isolation réduit les besoins à la source et améliore le confort d'été, un sujet de plus en plus important dans les bureaux et commerces.

4. Produire son électricité

Les bâtiments tertiaires consomment surtout en journée, au moment où le soleil produit. Le photovoltaïque en autoconsommation réduit les achats d'électricité et stabilise la facture sur 25 ans et plus. La loi APER impose d'ailleurs progressivement la solarisation des toitures et des grands parkings.

Comment financer les travaux ?

  • les primes CEE, avec des fiches dédiées au tertiaire (isolation, PAC, éclairage, régulation) ;
  • le Fonds Chaleur de l'ADEME pour les projets de chaleur renouvelable de taille importante ;
  • la vente du surplus d'électricité solaire, qui améliore la rentabilité du projet ;
  • le tiers-financement ou la location de toiture pour les entreprises qui ne souhaitent pas investir directement.

Par où commencer ?

  1. Rassembler les factures d'énergie depuis 2010 pour choisir l'année de référence.
  2. Vérifier que la déclaration OPERAT est à jour.
  3. Faire réaliser un diagnostic énergétique pour hiérarchiser les actions par rentabilité.
  4. Construire un plan d'actions pluriannuel jusqu'à 2030.

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Questions fréquentes

Un locataire est-il concerné par le décret tertiaire ?

Oui. Propriétaire et occupant sont tous deux assujettis et doivent se coordonner : le bail peut préciser la répartition des actions et des déclarations.

Mon bâtiment fait 800 m², suis-je concerné ?

Non, sauf si plusieurs bâtiments tertiaires sur le même site dépassent ensemble 1 000 m². Le seuil s'apprécie en surface cumulée.

Le photovoltaïque aide-t-il à atteindre les objectifs ?

Il réduit vos achats d'électricité et vos coûts. Il est d'autant plus efficace qu'il est combiné à des actions de sobriété, de pilotage et d'isolation.

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